Divertissant
Rien de renversant ici, rien de franchement surprenant non plus. Le film déroule une histoire qu’on a déjà vue des dizaines de fois, avec des personnages qui cochent presque toutes les cases attendues. L’héroïne solitaire et incomprise, les figures masculines bien distinctes, le petit triangle amoureux qui se dessine sans jamais vraiment dévier de la trajectoire annoncée…
Tout ça sent le déjà-vu à plein nez.
Là s’arrête les points négatifs que j’aurais à rapporter de mon visionnage, puisque pour le reste, j’avoue avoir passé un bon moment!
Oui, je ne peux pas dire que je me sois ennuyé.
Il y a quelque chose qui fonctionne malgré tout, probablement lié à l’atmosphère. Le décor des marais, omniprésent, apporte une vraie identité visuelle au film. On sent que la mise en scène mise énormément sur cet environnement, et ça marche plutôt bien. La photographie est soignée, parfois même très belle, et elle participe clairement à rendre l’ensemble agréable à regarder. C’est un film qui se contemple facilement, qui prend son temps, et qui installe une ambiance presque enveloppante.
Daisy Edgar-Jones porte le film sur ses épaules sans forcer (et sans grand talent). Elle fait le job, elle est crédible, et même si son personnage n’échappe pas aux clichés, elle réussit à lui donner suffisamment d’humanité pour qu’on ait envie de la suivre jusqu’au bout. Le problème, ce n’est pas tant l’interprétation que l’écriture. Le film effleure beaucoup de thèmes comme l’isolement, le regard des autres, la survie, l’amour, la justice, mais sans jamais vraiment creuser. Tout reste un peu en surface, comme si le récit avait peur de déranger ou de s’écarter d’un cadre trop sage… Ces thèmes servent surtout à définir le personnage principal et à se qu’on s’apitoie encore plus sur son sort.
On sent aussi le poids de l’adaptation. L’histoire semble parfois plus pensée pour cocher les grandes étapes d’un roman populaire que pour fonctionner pleinement en tant que film. Certaines transitions sont rapides, certains enjeux émotionnels mériteraient plus de souffle, et le suspense, pourtant central, n’a jamais réussi à vraiment me prendre à la gorge.
Malgré tout ça, je reste plutôt indulgent. Là où chantent les écrevisses est un bon divertissement, propre, bien emballé, jamais désagréable. Il ne cherche pas à réinventer quoi que ce soit, et il n’y parvient évidemment pas, mais il offre deux heures correctes dans un cadre original, avec une ambiance qui fait la différence. Ce n’est pas un film qui marque, ni un film qui surprend, mais c’est un film qui se regarde sans déplaisir.
Un film honnête, joli, un peu trop lisse, qui manque d’audace, mais qui remplit malgré tout son contrat. Pas mémorable, mais loin d’être inutile.
