Le passé rattrape le présent
J’attendais beaucoup ce quatrième tome de la Perfect Edition et je n’ai pas été déçu. Il reconnecte avec brio les différentes trames temporelles qui me laissaient un peu en suspens, offre enfin ce retour sur la période dont j’avais envie d’en savoir davantage, et fait basculer l’histoire dans un registre plus dramatique… Tout ce que j’espérais après mes doutes sur le tome 3 !
Dès les premières pages on sent que Naoki Urasawa reprend le contrôle, le passé et le présent conversent sans que ça ne devienne confus, mais plutôt fluide et puissant. Le saut dans le temps précédemment critiqué me semble ici judicieusement exploité, on revient à ces moments charnières, à ces années que l’on désirait explorer, et on comprend mieux pourquoi tout ce que les personnages avaient traversé précédemment conduisait ici.
Le rythme de la narration retrouve sa vigueur, les révélations sont bien placées, et l’on sent la tension monter de façon continue.
Les nouveaux visages apparaissent, les enjeux s’épaississent, et les diverses histoires dispachés dans le temps ne se font plus simples gimmicks, mais outils dramatiques. Les retours dans le passé enrichissent ce qui se joue dans le présent, et j’ai vraiment eu l’impression que l’histoire prenait l’ampleur promise. Les effets sont saisissants.
Un personnage que l’on croyait presque oublié revient sous un jour nouveau, et ce retour permet d’éclairer d’autres fils de la narration. L’ombre de l’organisation, le mystère de « l’Ami », tout cela se sent plus lourd, plus tangible.
Pour autant, je ne peux pas passer sous silence ce qui m’a freiné un peu… Même si ce tome fonctionne très bien, j’ai commencé à ressentir ce léger fléchissement que j’avais déjà perçu. Mystères sur mystères, ellipses sur ellipses, et parfois l’impression que le lecteur doit patienter encore avant que tout ne converge. Certains fils narratifs restent ouverts, un peu trop longtemps à mon goût, ce qui donne un sentiment de temps qui s’étire. Ce n’est pas un défaut majeur, mais après l’efficacité retrouvée, ce léger flottement se fait ressentir.
Je commence à trouver le temps long et je vais avoir encore plus d’attente sur le tome suivant!
En fin de compte, j’en ressors avec un véritable regain d’enthousiasme.
Ce quatrième volume parvient à redonner du sens au saut temporel, à renforcer l’enjeu et à amener l’histoire vers un registre plus intense. Il confirme pour moi que je suis toujours attaché à cette saga. Il reste que je garde un œil attentif sur la prochaine étape, parce que j’ai envie que tous les fils se rejoignent, sans que la montée ne s’essouffle.
