C’est drôle de voir comment un duo aussi identifiable que le Palmashow, avec sa rythmique très ancrée dans le format court et l’absurde en rafale, s’attaque à un film de long-métrage. On y va forcément avec une certaine tendresse. Parce qu’on les connaît, parce qu’on les a suivis, parce qu’ils ont cette sincérité dans la parodie qui, même quand elle rate, ne tombe jamais dans le cynisme. La Folle Histoire de Max & Léon, c’est le bon mélange de toutes ces choses. Une tentative de transformer leur énergie YouTube/petites pastilles humoristiques en cinéma, avec un résultat inégal mais plutôt attachant. On sent très vite que le projet est né de l’envie, d’une vraie passion pour les films de guerre, les aventures rocambolesques, et l’absurde à la Mel Brooks. Il y a du rythme, des costumes, des décors, et parfois même des fulgurances de mise en scène qui surprennent par leur maîtrise. Certaines séquences fonctionnent vraiment bien, les détours par Vichy, les gags autour des accents ou des fausses identités, quelques trouvailles visuelles bien senties. On sent que les gars se sont fait plaisir. Et à défaut de révolutionner quoi que ce soit, ils communiquent ce plaisir avec une certaine générosité. On retrouve les bons copains, qui veulent se faire marrer avec une caméra et c’est un sacré tour de force de retrouver la même énergie pour un film. Mais cette générosité ne suffit pas toujours. Ce qui marchait si bien dans leurs sketchs, la chute rapide, la mécanique du gag resserré, l’irruption d’un absurde bien timé, se dilue un peu ici dans un format plus long. Le rythme est inégal, certains passages tirent un peu la langue, et quelques blagues tombent à plat. Ce n’est jamais embarrassant, mais on sent qu’ils cherchent encore leurs marques dans ce nouvel espace narratif. L’instant comédie musical par exemple, est plus lourdingue, voir un poil hors ton… Il y a de l’envie, mais parfois pas assez de recul pour trier ce qui tient la route d’un bout à l’autre d’un film entier. L’autre chose qui m’a un peu freiné, c’est l’impression d’un film qui peine à trouver une vraie identité. C’est un hommage ? Une parodie ? Un film d’aventure avec un fond sérieux ? Un grand sketch étendu ? Il y a un peu de tout ça, sans que ça tranche franchement. ça reste sympathique, mais ça flotte un peu. On regarde ça avec le sourire, sans déplaisir, mais sans que le film parvienne à s’imposer comme un vrai tournant pour le duo. Cela dit, faut le reconnaître, ça fait du bien de voir un projet comme ça. Un film qui ne cherche pas à en faire trop, qui ne se prend jamais trop au sérieux, et qui mise sur la complicité, la fraîcheur, et cette douce nostalgie des aventures à l’ancienne. Pour peu qu’on ne cherche pas une comédie ciselée ou une grande réussite narrative, on passe un bon moment. J’ose même dire que c’est un type de film qui a pu marqué la France et qui manque un peu aujourd’hui, alors merci à eux de l’avoir sortie de la tombe. C’est un film à l’image de ses créateurs, imparfait, un peu dispersé, mais sincère et bourré de bonne volonté. Il y a des ratés, des longueurs, des gags qu’on a déjà vus ailleurs en mieux. Mais il y a aussi cette chaleur qu’on ne simule pas, cette amitié palpable, et ce plaisir de jouer ensemble qui se transmet malgré les faiblesses du récit. La Folle Histoire de Max & Léon, ce n’est pas un film qui marquera les esprits, mais c’est une parenthèse agréable, et parfois, ça suffit.
La Folle Histoire de Max & Léon
