Je ne m’attendais à rien. Honnêtement, c’est le genre de jeu que j’ai lancé par curiosité, avec ce petit soupir mental de la personne qui a envi de fouiller dans ces jeux, tombés dans des bundles, sans vraiment l’avoir voulu. Je n’avais pas forcément envi de ça, même si le jeu de plateforme est un de mes genres de prédilection, je l’ai plus lancé par curiosité… En mode, voyons voir ce qu’ils ont encore bricolé avec une vieille licence. Surprise, ça m’a accroché et ça m’a bien plus diverti que je ne l’aurais imaginé. La manette et dès les premières minutes, c’est l’hommage appuyé à Donkey Kong Country qui transparait de l’expérience. C’est même plus qu’un clin d’œil, on est dans la même logique d’inertie, de roulades, de sauts tendus, de plateformes retorses et de petites mécaniques qui viennent épicer le tout, comme cette utilisation vraiment maligne de la queue du Marsupilami en mode grappin ou balancier. C’est un détail qui n’a l’air de rien mais qui donne une personnalité immédiate au gameplay, se détachant suffisamment de l’inspiration, pour proposer ça propre expérience. Le Marsupilami ne singe pas DK, il s’en inspire pour proposer quelque chose d’un peu plus fluide, un poil plus léger, et parfois même plus nerveux. Alors oui, le level design n’est pas toujours renversant. On sent que ça pourrait aller plus loin, surprendre davantage, jouer plus avec la verticalité ou les mécaniques propres au personnage. Mais franchement, le jeu fait le job. Il est généreux dans son contenu, il y a des zones annexes, des collectibles, quelques idées qui relancent l’intérêt de certains niveaux… Et surtout, il y a ce niveau de challenge bien dosé, qui ne prend pas les enfants pour des idiots tout en permettant aux adultes un minimum aguerris de s’y retrouver. Là où j’ai eu un vrai souci, c’est sur la lisibilité des collectibles. Ces foutus objets disséminés dans des niveaux qui, déjà, ne sont pas courts. Quand tu rates un truc, désolé mais… tu n’as pas envie de tout te retaper. C’est là que l’absence d’un système de téléportation entre les checkpoints fait vraiment défaut. C’est un détail qui devient une frustration, et c’est dommage, parce que c’est un jeu qui donne envie d’être complété. On aurait pu imaginer des niveaux beaucoup moins longs, voir des téléportation sur des checkpoints une fois le niveau terminé, c’est dommage, ça ne nécessitait pas forcément plus que ça… Côté sensations manette en main, ça répond bien, c’est satisfaisant à prendre en main, et il y a un petit parfum de Sonic, avec certaines phases plus rapides, où le flow prime sur la précision. Un peu de Crash Bandicoot aussi dans quelques idées de mise en scène, de plans fixes, de niveaux plus directs. Ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est fun, et ça fait plaisir à voir dans un jeu qui, sur le papier, aurait pu être un simple produit dérivé bâclé. Graphiquement, c’est coloré, vivant, et cohérent avec l’univers. Il y a une vraie recherche dans les ambiances et une intention artistique claire, même si, là encore, un petit coup de polish supplémentaire, notamment sur les animations ou les transitions, n’aurait pas fait de mal. Mais ça tient la route. Je ne suis pas un immense fan de Donkey Kong à la base, surtout à cause de cette gravité lourde qu’il faut apprivoiser. Pourtant ici, j’ai trouvé le contrôle du personnage plus agréable, plus souple, plus propice au plaisir immédiat. Un bon jeu de plateforme 2D, sans prétention, mais bien foutu, accessible, généreux. En résumé, c’est une excellente surprise. Un jeu de plateforme 2D qui s’inspire intelligemment des cadors du genre sans les plagier, et qui parvient à trouver sa propre identité avec des idées bien senties, un univers coloré et un gameplay solide. Malgré des niveaux un peu longs, des collectibles mal pensés et un manque de variété dans la progression, le jeu reste fun, fluide et étonnamment plaisant à parcourir. Une réussite modeste, mais réelle.
Marsupilami : Le Secret du sarcophage
