Cult of the Lamb

Un concept audacieux qui m’avait vite chargé en vidéo de gameplay. Un mélange étonnamment cohérent de mécaniques qui te laisse partir avec un sourire en coin, même si tu sens bien qu’il aurait pu aller un peu plus loin, passer la quinzaine d’heure. Le mélange entre Zelda-like roguelite et gestion de secte mignonne est aussi improbable qu’il est bien exécuté. Au début, on est happé par le style visuel. Un mélange de crado et de choupinet qui fonctionne à merveille. On sacrifie des adeptes dans un bain de sang mais avec des yeux kawaii, et cette dissonance fonctionne presque trop bien. L’ambiance sonore, la direction artistique, les petites animations absurdes… Tout participe à un univers vraiment unique. Du côté de la boucle de gameplay, j’ai été agréablement surpris par l’équilibre entre l’exploration et la gestion. La partie donjons est simple, mais efficace. Les combats sont nerveux, même si les hitbox ont parfois un petit côté glissant, pas toujours évident à anticiper. On prend quand même plaisir à s’équiper, à tester les armes et malédictions, et à choisir le bon chemin entre deux salles. Mais là où le jeu m’a vraiment accroché, c’est dans la gestion du culte. C’est adorablement sadique. On gère son petit camp, on construit, on prêche, on punit… Le tout avec une interface bien pensée et des mécaniques assez fines pour qu’on sente une vraie évolution dans notre secte. Et puis au bout d’un moment… ça s’essouffle. Pas tant par manque d’idées, mais parce qu’on sent que la gestion, aussi chouette soit-elle, a une fin prématurée. Une fois qu’on a débloqué les bâtiments les plus importants et automatisé un peu le tout, il n’y a plus de vrais enjeux à faire tourner la boutique. Et c’est là que le bât blesse et qu’on commence à voir les limites du titres nous sauter aux yeux… Les combats, qui auraient pu prendre le relais, ne sont pas suffisamment profonds pour porter le jeu sur la durée. Le roguelite ne se renouvelle pas assez, les boss se ressemblent, et on finit par sentir que, mécaniquement, le jeu a tout donné au bout de 10-15 heures. C’est pas un problème en soi, mais c’est ce qui m’a fait décrocher avant le générique de fin. Il n’empêche que ces 15 heures-là, je les ai passées avec plaisir. Le jeu m’a accompagné sur plusieurs sessions sans jamais me frustrer, avec un rythme agréable et un univers tellement charmant dans sa bizarrerie qu’on a envie d’y revenir, même juste pour voir les petites créatures faire leurs besoins en chœur pendant qu’on planifie le prochain sacrifice. En somme, Cult of the Lamb est une excellente surprise. Il manque un peu de fond pour devenir un incontournable, mais en tant qu’expérience hybride qui ose le mélange improbable, il mérite largement le détour. Comme pour un Rogue Legacy, qui est aussi un très bon jeu, on vient vite au bout de la partie gestion et ces deux gameplay finissent par ne plus trop se renvoyer la balle au bout d’un moment. Je trouve même que c’est très prometteur, d’avoir poussé un délire aussi loin pour qu’il soit aussi agréable manette en main. Je serais très curieux de suivre de développement d’autres titres de ces développeurs

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