Vermin

Vermin, c’est le genre de pépite qu’on ne voit pas venir, et qui te colle une bonne gifle dès les premiers épisodes. Une série d’animation française qui assume tout : sa violence cradingue, son humour bien noir et son énergie complètement débridée. Je l’avais découverte à l’époque de sa sortie, un peu par hasard, et franchement, c’est devenu un petit classique perso, que je n’ai jamais oublié. C’est ce nouvel humour français, à mi-chemin entre l’absurde, le cynisme et le malaise, qui me parle énormément. Un ton qu’on voit peu dans l’animation ici, mais qui fait un bien fou. L’équipe derrière Vermin a clairement tout digéré des grands noms de l’animation adulte à l’américaine. Du South Park, du BoJack, du Rick and Morty dans l’énergie parfois, mais avec une patte bien à elle. Une vraie identité. Visuellement, c’est crado, oui, mais avec un vrai sens du style. Ce côté poisseux des insectes, la moiteur des décors, les proportions exagérées, c’est hyper cohérent avec ce que ça raconte. Y’a une vraie maîtrise dans la mise en scène, des idées de cadrage, des montées en tension, des punchlines visuelles… C’est pas juste de la provoc’ gratuite, ça a du fond, du timing et surtout, une vision. Et au fond, Vermin, c’est pas juste une série qui fait rire en choquant. C’est une critique sociale déguisée, un regard acide sur notre monde à travers une métaphore d’insectes. Y’a une vraie tendresse parfois dans la cruauté de ce qu’on regarde, une absurdité qui souligne la bêtise humaine (ou insectoïde ici) sans jamais être moralisateur. On est comme eux, dans un monde surpeuplé et socialemant trop divers, pour qu’on ait pas se confronter un minimum aux fous et autre déviances, alors prenons ce temps pour en rire. Je trouve même que c’est une série qui n’a pas à rougir face aux productions étrangères. Elle pourrait facilement rivaliser sur le terrain des séries animées adultes qu’on consomme en boucle. Elle a cette justesse dans l’humour, cette méchanceté jubilatoire, cette audace rare dans notre paysage audiovisuel. Et c’est clairement le genre de projet qui me fait espérer beaucoup pour l’animation adulte en France. Bref, Vermin, c’est court, c’est intense, c’est drôle, c’est sale. Et c’est surtout foutrement brillant.

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