Déjà que le premier opus ne m’avait pas convaincu, cette suite réussit l’exploit de faire pire en reprenant les mêmes éléments pour les pousser dans leurs pires travers. On pourrait dire qu’ils ont raison, car ils ont trouvé leur public, qu’ils ont réussi à capitaliser sur une recette qui plaît à certains. Mais moi, je suis cruellement lassé par ce qui m’a été proposé ici et c’est une certitude que je n’irai même pas donner ça chance à un futur épisode. Le problème majeur, c’est cette fausse complexité. On sent qu’ils ont voulu faire une histoire qui semble « cool » parce qu’elle fait semblant d’être « compliquée », mais c’est une erreur monumentale. Au lieu de proposer un scénario clair et original, ils s’enlisent dans des rebondissements artificiels et prévisibles. Si vous avez vu le premier film récemment, vous aurez une forte impression de déjà-vu. Rien ne surprend, tout sonne faux, comme si la seule ambition était de donner l’illusion d’un film intelligent. Et puis, le pire, c’est cette obsession pour la « magie » au sens littéral. Là où j’avais déjà reproché au premier film de délaisser la prestidigitation pour des effets impossibles, ce deuxième opus amplifie le problème de façon absurde. On passe littéralement à des scènes où des personnages font des « trucs magiques » qui défient toute logique, même celle d’un film. Par exemple, une scène de combat se termine par un personnage qui, par pur hasard, découvre une trappe dans une rue en Asie pour réapparaître ailleurs. On n’est plus dans la magie ou l’illusion, mais dans la magie d’un scénario mal écrit. Franchement, ce film incarne parfaitement l’expression : « Ta gueule, c’est magique. » très célèbre dans le monde du jeu de rôle pour expliquer qu’on a trouvé une solution à un noeud scénaristique pour ne pas se prendre la tête. _____ Pardon d’en faire toute une histoire, mais à mes yeux, il y a un soucis sur ce concept de base. Alors à tous les fâcheux qui iront me rétorquer « Roooh c’est bon, c’est juste un film », qui aura tôt fait de m’irradier de leurs bêtises. Revenons sur les fondamentaux, en prenant seulement des définitions du Larousse… Prestidigitateur: Personne qui, par son adresse, des manipulations, des trucages, produit des illusions magiques en faisant disparaître, apparaître, changer de place ou d’aspect des objets. Magicien: Personne qui pratique la magie Magie: Ensemble de croyances et de pratiques reposant sur l’idée qu’il existe des puissances cachées dans la nature, qu’il s’agit de se concilier ou de conjurer, pour s’attirer un bien ou susciter un malheur, visant ainsi à une efficacité matérielle. Donc on assiste à quoi dans ces films? Les personnages se présentent comme de fin prestidigitateurs, qui font disparaitre et apparaitre des cartes, ect. Puis on se retrouve avec une armé de soldat magique, distordant la réalité elle même? C’est ça qui vous plait? _____ La réalisation, quant à elle, manque cruellement de subtilité. Il y a une surenchère constante d’effets spéciaux, qui finit par noyer ce qui aurait pu être des moments de mystère ou d’émerveillement. C’est un feu d’artifice visuel qui cherche à compenser le manque total de fond. Certes, ils ont voulu pousser les potards à fond, mais si le premier film était déjà loin d’être excellent, celui-ci franchit la ligne et tombe dans le ridicule. Le plus triste dans tout ça, c’est qu’il m’a fait trouver des qualités au premier opus. Là où Insaisissables réussissait, parfois, à mélanger mystère et spectacle, cette suite abandonne complètement l’émerveillement au profit d’une explosion d’artifices sans âme et de scènes d’actions forcés.
Insaisissables 2
