I Am Legion: Stand Survivors

On est devant ce genre de jeux vidéo que j’exècre habituellement. Je me méfie énormément de tous ces multiples clones de Vampire Survivors. Surtout depuis la sortie du dit jeu, puisqu’après celui-ci, une multitude de copies ont débarqué. Elles déferlent quasi tous les mois depuis, et dans cette paresse ludique de ne plus se réinventer en copiant ce qui a été fait sans rien rajouter de spécial, eh bien on peut très facilement être déçu du voyage. Ce genre de jeu tombe très facilement dans des bundles ou en promo à un euro symbolique. Ils viennent alors polluer ma bibliothèque, me titillant la curiosité à chaque fois un peu plus, et je finis toujours par céder puisque c’est typiquement le genre de jeu parfait à faire en même temps que l’on consomme des livres audio ou des podcasts. C’est dire si l’aspect ludique de ces titres est faible.

Ceci dit, à force d’en enchaîner, on finit quand même par tomber sur des jeux plus soignés que d’autres sur l’aspect graphique, mais surtout sur l’aspect mécanique et sur le fait de vouloir rajouter leur pierre à l’édifice. Et ici, on est sur l’un de ceux-là. Je me rappelle de deux jeux récents qui m’avaient fait une très bonne impression dans ce genre-là, en ramenant leur propre style et qui ont déjà tenté de prendre le meilleur de ce type de jeu. Et ici je crois qu’on est encore sur une de ces bonnes surprises. Ce qui, je l’avoue, me surprend énormément puisque lors de sa sortie et lorsque je l’ai vu arriver dans ma liste de jeux, j’avais un très gros a priori. Et pour l’avoir vu très très vite baisser de prix depuis sa sortie, cet a priori n’a fait que se renforcer. J’étais persuadé de tomber sur une énième copie bâtarde ne rajoutant absolument rien à la formule. Mais merci au bon Dieu ou à je ne sais qui de faire que je me sois trompé éperdument.

Car oui, on va reprendre cette base très peu noble du Vampire Survivors en mettant en scène un petit bonhomme qui va survivre à des vagues d’ennemis. Ils vont lui apporter des tonnes d’expérience et d’autres monnaies qui vont alors faire briller l’écran pour nous montrer qu’on a gagné un niveau et de nouveaux bonus, afin de simuler une forme de montée en compétence et en puissance très forte et très rapide. On joue alors sur la dopamine des joueurs de manière simpliste, pour ne pas dire médiocre. Et de cette base, ce jeu-là, comme les meilleurs clones du genre, a réussi à rajouter sa petite pierre à l’édifice. Il montre une vraie compréhension de la formule en proposant alors des tonnes d’options et de combos très efficaces. Ça rappelle les plus belles heures actuelles du genre rogue-like.

Et déjà c’est un premier bon point. Ensuite, la singularité du titre est très simple puisque, à l’inverse des autres jeux du genre, notre petit bonhomme ne sera pas seul. D’ailleurs tu vas voir, ça va être des espèces d’alliés qui vont tourner autour de lui. Ici on ne nous propose pas de choper des armes qui vont ensuite se fusionner entre elles. Non, on a des magiciens et des guerriers et bien d’autres styles de métiers qui vont pouvoir se fusionner pour être plus forts. Et surtout, en les combinant les uns aux autres, ils arrivent à créer des synergies très intéressantes qui vont surtout mettre en scène beaucoup de statistiques. On est du coup face à un jeu qui va faire la part belle aux statistiques de force ou de défense et bien d’autres choses qui rendent l’expérience déjà un peu plus engageante, car ludiquement c’est très efficace.

On a très vite envie d’enchaîner les parties. Ces runs sont aussi, comme dans les meilleurs clones du genre et à l’inverse de Vampire Survivors lui-même, bien plus rapides, plutôt que de devoir obligatoirement perdre trente minutes par run. Et on a bien sûr la méta progression entre les runs où on aura le choix de modifier des statistiques passives. Le jeu nous propose d’ailleurs une progression sur plusieurs aspects puisqu’on a plusieurs types de niveaux à débloquer si on remplit des quêtes annexes sur les dix niveaux de base. Mais en plus de ça, le jeu semble débloquer un nouveau mode peut-être un peu plus dur dans lequel on ne va pas avoir des équipements physiques, mais plutôt des choses qui iront altérer bien plus violemment les statistiques et les compétences. Le jeu devient alors bien plus complet et bien plus complexe de par ces petites variantes plutôt agréables.

Actuellement je commence à tourner un petit peu en rond dans le titre. Je finis par avoir un petit peu plus de mal à vouloir le relancer puisque j’ai vu un petit peu tout. Et même si la difficulté n’était pas forcément très présente, eh bien il y a cette notion de grind. J’ai fini par y voir une difficulté de substitution, ce qui est à mon avis une très mauvaise chose pour ce genre de titre.

Rien de cataclysmique pour autant, puisqu’il m’a quand même fait passer quelques heures de jeu et consommer quelques livres audio. Et même si du coup, à l’accoutumée de ce style-là, eh bien ça en fait des heures de jeu d’une qualité assez moindre, je dois quand même avouer qu’il y a un gros effort pour se distinguer de la plupart des clones du genre. Il y a une vraie envie de stimuler les joueurs avec cette belle liste de statistiques, en proposant de choper des unités, d’incarner différents personnages avec une montée en niveau dans la méta progression et de débloquer des équipements et autres fusions d’équipement. Tout cela rend le jeu non seulement très complet, surtout sur la partie expérimentation, en proposant alors des synergies quand même très créatives. Il réussit à être déjà assez créatif en soi dans la manière qu’il a de se démarquer.

Alors d’un point de vue bienveillant, tout ce que j’aurais à lui reprocher, comme à la plupart des clones du genre, c’est que ça ne reste qu’un clone de Vampire Survivors. Il reste basé sur un concept assez faible à mes yeux, jouant alors beaucoup sur la dopamine et la montée en puissance trop rapide. Mais qui, comme pour la plupart des meilleurs clones du genre, arrive quand même à se distinguer sur bien des plans et à améliorer la formule. C’est d’ailleurs assez agréable de constater que le jeu initial qui a servi de modèle à tous ces clones, a été dépassé par au moins cinq d’entre eux. Ça témoigne alors de la créativité des game designers qui semblent quand même avoir quelque chose à apporter de très efficace pour améliorer tout ça. Et peut-être qu’un jour je finirai par enfin dire qu’un de ces clones vaut vraiment le détour. Celui-ci est suffisamment agréable et remplit son contrat. Il ne me séduit pas totalement et finira certainement oublié dans une bibliothèque de jeux que je n’ouvrirai plus jamais. Mais il reste quand même assez efficace pour m’avoir fait passer une trentaine d’heures. Certes, mais une trentaine d’heures à avoir fait autre chose de bien plus intéressant en parallèle. Une chose qui me questionne encore aujourd’hui sur le nombre de clones qui sortent en ce moment.

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