Le hasard en héritage
Il s’agit là du jeu légendaire qui a marqué 2023 et à aucun moment je ne compte remettre cela en question. Sur le papier la promesse est plus qu’excitante… Un monde ouvert, plusieurs choix de situations et de dialogues qui permettent à chaque joueur de vivre sa propre aventure, que ce soit en suivant une route bien tracée ou en jouant de manière totalement farfelue, c’est plus qu’engageant!
Moi-même, les premières heures passées sur le titre m’ont complètement séduit. Plutôt que de jongler avec les sauvegardes et les chargements de parties, je préfère me dire que je vais être un loser magnifique, qui tentera de faire de son mieux avec quelques ratés. Cependant, j’ai l’impression que le titre ne s’apprécie pas forcément avec cette lecture de jeu-là. Puisqu’il se calque un peu trop sur la fidélité au système de Donjons et Dragons et autres jeux de rôle papier, on se retrouve un peu trop, même avec des statistiques maximales, face au hasard.
Avant d’aller un peu plus loin, je tiens à dire que le jeu offre une histoire très variée avec des dialogues d’une grande richesse et des choix multiples. J’ai moi-même été facilement et très rapidement happé par cet univers que je ne connaissais pas. Dès mes premières heures de jeu, j’ai pris plaisir à consulter sur mon temps libre des dizaines de vidéos de lore de cet univers. Ce qui est déjà un sacré tour de force. D’autant plus que la plupart de nos actions ont des conséquences réelles, ce qui donne un vrai poids à chacun de nos choix et vous avez là le cocktail parfait du jeu parfait.
Bien entendu, le jeu offre une très grande ampleur avec un nombre de possibilités et de ramifications qui permettent une rejouabilité exceptionnelle. Il se paie en plus le luxe d’une grande liberté dans la création de personnages et dans les chemins que l’on peut emprunter avec eux.
Je pourrais encore parler longtemps du fait que c’est clairement un jeu sur lequel je pourrais revenir volontiers et qu’il mérite complètement le titre de meilleur jeu de 2023. Mais plutôt que de louer encore une fois ses systèmes et la prouesse du travail de ses équipes de développement, j’ai maintenant envie de parler de ce qui m’a fait lâcher le jeu.
Car oui, ça n’a pas matché du tout…
Je l’ai déjà dit un peu plus haut, sans surprise, le fait de vouloir se référer uniquement à des systèmes tels que Donjons et Dragons peut très vite être réducteur pour le média jeu vidéo. Déjà parce qu’il y a une surcharge d’informations et une complexité qui peut rebuter. Tu ne peux pas simplement lancer les quelques sorts que tu as puisque dès le début tu en possèdes une dizaine avec des tonnes de ramifications et de petits effets. Le jeu se montre écrasant, trop d’options, trop de mécaniques et de statuts à gérer, ce qui ralentit la prise de décision. La courbe d’apprentissage est raide, surtout pour les novices du genre ou ceux qui ne connaissent pas Donjons et Dragons.
On compte dès le début un pic de difficulté ultra rude pour finalement rester sur un plateau vide une fois arrivé en haut!
Le côté trop aléatoire de tout ce qui se passe rend alors un peu caduc le fait de passer des heures à personnaliser notre héros et ses nombreuses caractéristiques. Je suis désolé, mais il aurait peut-être fallu être un peu plus généreux de ce côté-là.
Mais à la limite, ce n’est pas ça la plus grosse bête noire pour moi, car elle se trouve du côté des combats et de leur ressenti répétitif et laborieux. Je me rappelle de l’époque où j’ai découvert Fallout premier du nom, ainsi que son second volet. J’adorais cet univers et après avoir connu le troisième opus, je découvrais alors ces vieilleries avec une vraie curiosité. J’étais totalement en phase avec le fait de m’accrocher à de vieilles mécaniques et donc à des combats un peu trop longs. Mais aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de mal à l’encaisser.
Malgré la richesse tactique, certaines rencontres deviennent routinières ou tirent en longueur. Sans parler de certaines mécaniques, comme l’interaction entre objets ou le “dipping weapon”, qui sont peu intuitives. Je me suis surpris à multiplier les sauvegardes hors combat et pendant les affrontements pour gérer un aspect trop rude et punitif. Sans compter l’effet “XCOM”, avec la moitié des coups portés qui n’atteignent pas leur cible, allongeant encore la durée déjà cataclysmique de ces combats.
Tout est trop long, alors entrer dans une bataille, avec dix protagonistes, vers quinze, ou vingt… J’ai quitte le jeu à ce moments là et clairement, j’ai comme ressentit une grande vague de flemme et d’ennuie à l’idée d’entrer dans une affrontement encore une fois trop long.
Levons alors les yeux de la loupe, puisque perdre autant d’heure, sur autant de longueur a aussi eu le temps de me faire méditer un peu plus au soft…
Tout comme les derniers Zelda, il y a aussi ce sentiment de fausse urgence qui m’a accroché comme jamais au début, mais qui semble bien plus artificiel au fil de la progression. Ce n’est pas grave, et cela aurait été dommage que ce soit aussi punitif que le reste. Ceci dit, je n’ai pas eu envie de relancer une partie, et rarement un jeu ne m’aura échappé des mains avec autant de déception.
Car au final, je sais qu’il a tout pour me plaire, et qu’il a réussi l’exploit de m’accrocher comme jamais sur les premières heures!
Mais passer des heures sur le moindre affrontement, plus lié à la chance qu’à la tactique, c’est trop pour moi. J’ai aujourd’hui trop de mal à m’immerger dans un univers qui, plutôt que de récompenser le joueur pour ses bons choix, préfère faire prévaloir le hasard.
J’ai conscience que c’est peut-être une constante dans les RPG occidentaux qui ont déjà pu commettre ce genre d’erreur, mais ici c’est poussé à un tel paroxysme que cela m’a franchement un peu dégoûté. J’y retournerai peut-être un jour, sauf que le génie de la proposition n’a pas suffi à me faire tenir longtemps sur le titre. Je suis en revanche très heureux que des amis me racontent leurs parties et le plaisir qu’ils y ont trouvé. Je suis simplement un peu malheureux de ne pas avoir la patience de me confronter à de telles mécaniques.
