McWalter

J’avoue avoir eu un problème dès le début du film, à cause d’une simple question que je me suis posée… Avant ça, clarifions quelques trucs… J’aime bien ce que fait Mister V, du moins, j’aimais bien fut un temps. Je trouve que ça reste un ovni, quelqu’un de suffisamment original et sympathique dans son milieu et j’étais très curieux de voir ce qu’il allait donner sur grand écran. J’aime beaucoup l’humour de Freddy Gladieux et à mes yeux, Jonathan Cohen et Vincent Tirel sont deux gros génies. Donc tous les voyants étaient au vert. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de me demander… Est-ce qu’un humour qui fonctionne bien sur des pastilles de 5 minutes sur YouTube, peut tenir sur un film d’1h40 ? La réponse est, malheureusement, un énorme NON. C’est franchement dommage, parce qu’il y a eu de grands noms, des caméos sympathiques et pris, petits extraits par petits extraits, je pense qu’on peut apprécier ce genre de moments. En y repensant, je me dis même que si, plutôt que d’utiliser le format du film, Mister V avait choisi une mini-série de courts épisodes de 5 minutes diffusés au fil de l’eau, ça aurait pu être quelque chose de vraiment novateur et certainement bien plus efficace. Car au-delà de ce choix de format, qui entraîne beaucoup de défauts, il faut reconnaître que plusieurs blagues font mouche ! J’ai pu rire franchement à quelques endroits et du début à la fin, le film réussit la prouesse d’être assez égal. Je trouve que le rythme est globalement bien dosé, que les blagues sont variées et distillées de manière intéressante. Si je devais résumer l’expérience globale, je dirais qu’elle reste plutôt agréable. On sent clairement une inspiration de Kad et Olivier, et elle saute aux yeux. Mais c’est sur le dosage que ça flanche, tout est trop farfelu, tout le temps. On a du mal à se raccrocher à une histoire ou à un fil narratif qui maintienne vraiment l’intérêt. On a l’impression de voir un enchaînement de gags typiques d’Internet, comme si Mister V avait eu du mal à s’émanciper du format dont il vient. N’est pas Pamela Rose qui veut, c’est le genre de film qui était novateur à l’époque, mais aux effets difficilement reproduisible aujourd’hui! Je voudrais comparer avec le récent Sentinelle de Jonathan Cohen. Dans ce film, il choisit de se concentrer sur un personnage, voire quelques autres, un peu farfelus, tandis que le reste du casting reste plus normal, créant ainsi un contraste. Cela rend les gags plus impactants et plus efficaces. Là où, dans le film de Mister V, c’est un joyeux bazar permanent, avec un humour qui finit par tourner en rond… et m’a, à plusieurs reprises, plongé dans l’ennui. C’est un comble qu’un film humoristique en vienne à déconcentrer son spectateur, faute d’intérêt. Et contrairement aux deux inspirations que j’ai citées plus haut, je n’ai aucune envie de revoir ce film. Je l’estime malgré tout, mais il reste bien trop imparfait pour marquer durablement. À mes yeux, il est condamné à finir ses jours sur Amazon Prime avant de disparaître à jamais. Je pense que ça reste un bon moment si, et seulement si, vous appréciez déjà le personnage et son humour. Mais même dans ce cas, je préfère ses petites vidéos, bien plus percutantes. Le film apparaît alors comme un objet un peu de trop dans le paysage médiatique. J’ose même dire qu’à la fin, j’ai trouvé Mister V… un poil chiant. Comme s’il avait déjà épuisé tous ses gags et qu’en tant qu’artiste, il n’avait plus grand-chose à apporter. J’espère me tromper, car je continue d’avoir de l’affection pour lui, mais ce film ne lui rend vraiment pas honneur.

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