Carrion

LE CONCEPT DE DINGUE! Une créature de chair informe qu’on incarne à la première tentacule, un laboratoire à explorer en sens inverse des classiques du genre, un hommage aux monstres plus qu’aux héros. WAHOU… L’idée est forte et la promesse est singulière. Ce corps mouvant, cette sensation d’être une horreur glissante, organique, incontrôlable… ça intrigue. Ça attire. Et ça tient… peut-être dix, quinze minutes. Puis l’ennui s’installe. Simplement parce qu’il brise la progression d’un metroidvania et qu’il le fait mal! Certain jeu arrivent à briser les codes avec du pur génie. On a pu adorer un jeu de plateforme sans sauter et d’autres surprises de ce style, mais ici, je vais vous expliquer pourquoi la mayonnaise ne prend pas et c’est d’une évidence clinique! Pas à cause d’un manque d’ambition ou d’un manque de soin! La physique est réussie, les animations ont du caractère, la direction artistique a sa cohérence, mais parce que le jeu s’épuise très vite. On est trop puissant, trop vite. On écrase tout sans réfléchir, on traverse les couloirs sans jamais craindre quoi que ce soit, et surtout… on se lasse. Rien ne se renouvelle vraiment. Les mécaniques s’installent mollement, et on sent vite qu’on a déjà vu tout ce que Carrion a à offrir, même si le jeu est loin d’être long. Le paradoxe, c’est qu’en voulant inverser les codes du Metroidvania, le jeu en oublie l’essentiel, le plaisir de la progression, le frisson du danger, la montée en puissance. Ici, on commence en haut de la chaîne alimentaire et on y reste. Il n’y a pas vraiment de montée dramatique, pas de climax. Juste un lent glissement vers l’indifférence. Le level design, trop peu lisible, n’aide pas non plus. On tourne souvent en rond dans des environnements qui se ressemblent tous, sans que le jeu ne fasse grand-chose pour relancer notre curiosité. Pourtant, il y avait matière à faire autre chose. Il y avait une idée. Mais elle reste à l’état de concept. Le monstre est fascinant, mais le jeu autour ne suit pas. On sent presque un prototype ambitieux qu’on aurait voulu aimer pour ce qu’il tente. Malheureusement, il ne se passe pas grand-chose. Ni dans la tête, ni dans les mains. Bravo à l’audace de départ, pour l’effort esthétique, pour l’originalité de la proposition. Mais à part ça, rien ne m’a tenu. Et au final, c’est bien le seul monstre que je me suis surpris à fuir… par ennui.

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