À l’époque de la Playstation 2, mon meilleur ami m’avait prêté Final Fantasy X et je n’avais pas du tout accroché. J’avais du mal à le lancer, l’histoire ne me paraissait pas assez engageante, et j’ai vite décroché. Mais quelques années plus tard, sur son remake PS Vita, j’ai décidé de lui redonner une chance. Je l’avais alors un peu plus apprécié et c’est seulement après encore quelques années, et quelques jours à méditer sur sa fin, que j’ai enfin compris pourquoi tant de joueurs portent autant cet épisode dans leur cœur. Attention, je ne l’apprécie toujours pas autant que la majorité et j’aurais du mal à le mettre dans un top 5 de mes Final Fantasy favoris. Mais je dois reconnaître qu’il a certains points forts sur lesquels je m’incline totalement. Et le premier d’entre eux, c’est bien sûr l’histoire. Même si celle du VII est simple et efficace, même si celle du IX reste celle qui me touche le plus, je dois avouer que, pour moi, la plus réussie, la plus culte et la plus touchante reste celle du X. Ce monde, d’abord un peu flou, finit par se révéler à la fois compréhensible et intrigant, dominé par une religion omniprésente, faite d’inspirations diverses. On avance d’abord avec méfiance sans se douter de la supercherie derrière tout cela. On suit un groupe qui paraît classique au début, mais qui se révèle touchant dans un univers original. Franchement, j’ai été transporté! Yuna incarne à elle seule la force de ce récit. Une héroïne qui marche volontairement vers sa propre mort tout en gardant douceur, dignité et détermination… Difficile de ne pas être marqué! J’ai souvent trouvé les personnages féminins des Final Fantasy un peu fades, mais elle m’a mis une claque. Son pèlerinage a quelque chose de profondément tragique et en même temps d’inspirant. Elle incarne l’espoir au cœur d’un système étouffé par ses traditions, et ça lui donne une aura unique. L’histoire touche à des thèmes universels comme le sacrifice, la mort et le deuil, l’oppression des traditions, et l’espoir de briser un cycle. Oui, sur le papier, c’est une trame de fantasy assez classique, et par moments on peut penser à Tales of Symphonia. Mais ici, tout est enveloppé dans une histoire d’amour et de deuil, dans un véritable voyage initiatique. C’est ce traitement qui fait, je crois, la grande force de ce jeu. C’est aussi ce qui m’a permis de revoir mon jugement avec le temps. Même si son système de combat m’avait rebuté autrefois, je comprends aujourd’hui son intérêt, plus rigide que dans d’autres opus, il pousse le joueur à utiliser chaque archétype comme une pièce indispensable. L’ennemi volant ne peut être atteint que par un personnage précis, l’élémentaire demande un autre, etc. Ça oblige à réfléchir en termes de rôles et donne de la valeur à chaque membre de l’équipe. Mention spéciale aux boss, souvent mis en scène de manière spectaculaire, qui imposent des rythmes variés et marquants. Cela dit, je reste plus réservé, car ce système n’a jamais été un coup de cœur, et il est couplé au fameux Sphérier, qui cache mal la linéarité sous une illusion de choix. Et c’est bien là que le bât blesse… La linéarité. C’est l’opus qui m’a donné le plus la sensation d’avancer dans des couloirs. Pas de carte du monde, juste un chemin unique avec parfois quelques embranchements menant à des coffres souvent décevants (des potions, vraiment ?). Tout est dirigé. Même les rares retours en arrière paraissent artificiels, forcés et rarement gratifiants. Le Sphérier, quant à lui, avait tout pour séduire par son originalité. Mais dans les faits, ce n’est qu’un ensemble de lignes et d’embranchements simplistes, qui oblige à passer beaucoup de temps dans des menus archaïques pour une progression en réalité très linéaire. Ce n’est pas une liberté, mais un poids supplémentaire à gérer. Et puis il y a les mini-jeux. Heureusement, ils sont optionnels, mais le fameux Blitzball reste pour moi un cauchemar. Certains y voient un génie d’inventivité, moi j’y vois quelque chose de rigide, mal conçu et laborieux. Une belle idée, mais ratée dans l’exécution. Enfin, difficile de ne pas parler du remake HD. Les personnages principaux sont soignés, mais la majorité des PNJ et des décors accusent un retard flagrant. Les textures sont parfois tellement baveuses et pixelisées que ça donne l’impression de voir des personnages PS2 dialoguer avec des modèles PS1. Les animations restent raides, les gestes mécaniques, et le lip-sync est souvent à côté de la plaque. Quand on compare à Metal Gear Solid 2, sorti à la même époque, on comprend les critiques. Maintenant que c’est fait, j’ai envi de dire que Final Fantasy X ne fera jamais partie de mes épisodes favoris. J’ai pris plaisir à suivre son histoire, que je considère même comme la plus belle de la saga, mais tout le reste me laisse partagé, linéarité, systèmes frustrants, technique inégale. Je comprends qu’il soit culte pour beaucoup, mais moi je me contenterai d’avoir coché la case, sans envie particulière d’y revenir. Bien entendu, FF X-II et les autres choses, m’ont paru dessué et trop peu engageant pour que je m’y intéresse plus que ça… Je garderai un très bon souvenir de cette expérience, déjà sacrément daté aujourd’hui et d’une longueur assez difficilement supportable pour pas grand chose. Triste de ce dire qu’après 10 ans, le remake mériterai déjà un bon gros remake.
Final Fantasy X / X-2 HD
