Un concept en laisse
J’ai souvent moi aussi appeler tous mes animaux avec un affectueux « mon pote » et l’avoir entendu pendant tous le film et notament dans les débuts m’a automatiquement fait me projeté un peu plus que la moyenne la dedans…
Espérant alors passer un bon moment ou avoir au moins un bon divertissement, je pense qu’au contraire le film se repose beaucoup trop sur le fait d’avoir un chien pour personnage principal… Et c’est tout!
L’effet de style est sympathique et le fait d’être bien à la place d’un animal candide qui en plus n’y comprend pas grand chose et se contente d’aimer et protéger son maître, on va encore peut-être devenir un peu plus sujet à de la peur ou de l’inquiétude. D’autant que dès les premières minutes on a quelques scènes qui introduisent le chien avec beaucoup de douceur et d’amour pour nous faire grimper l’émotion et quelques enjeux lorsqu’il semble en danger.
Quoi que lors des moments de tensions finaux, il est inexpressif… Dons le concept semble nous montrer aussi certaines limites… Il est très bien dressé notre toutou pas de problème là dessus, mais le contraste entre son manque d’expression faciale et certaines scène finales peuvent assez vite faire sortir du film.
En revanche, je dois bien l’avouer… Mon dieu que j’ai trouvé le temps long.
1h et il a fallu attendre 50 minutes qu’il se passe quelque chose. Sinon, on a les classiques scènes fixes à regarder un coin dans une pièce vide, avec les champ contre-champ pour nous faire un peu peur et pas grand chose à se mettre sous la dent. C’est franchement assez pauvre, au point où j’en viens à me demander si le film n’avait pas que son drôle de concept à nous faire passer, sans trop d’idée de mise en scène et d’effets un minimum originaux.
Cette inertie m’a rappelé certains passages où l’on finit par ressentir un certain vide malgré la qualité technique, comme une attente qui ne débouche pas sur la montée en puissance espérée. C’est un peu ce genre d’expérience courte où la forme finit par prendre le dessus sur le fond, un peu comme un jeu très stylisé qui manque de profondeur pour tenir sur la durée.
En revanche, il y a quand même beaucoup d’autres point intéressant qui confirme qu’on a ici un cinéaste de qualité!
La lumière est très bonne et le travail sur cette dernière permet quand même de rendre pas mal de scènes efficaces. Mais ça ne joue que là-dessus et une ambiance sonore, drôlement cliché, bien plus proche des films d’horreur d’il y a 40 ans et j’avoue qu’ici j’ai l’impression d’une fausse note.
Ce décalage sonore renforce cette impression de facilité scénaristique ou technique que l’on peut parfois pardonner dans le fantastique mais qui, ici, souligne le manque de renouvellement. En ligne, beaucoup s’accordent sur cette gestion efficace de l’atmosphère et la performance des acteurs qui maintiennent une tension constante malgré l’absurdité du postulat.
Les thèmes de la domination et de la soumission sont centraux, explorant jusqu’où l’on peut perdre son humanité pour fuir la solitude. On y voit une réflexion sur les masques sociaux et la primitive réalité cachée derrière la normalité, mais cette ambition se heurte à un rythme qui s’essouffle. La domination s’exerce sur le chien via son maitre, mais aussi de la maladie vers le maitre et je pense qu’on tente de nous montrer ici une dualité… Pourquoi?
Je ne sais pas trop, en tous cas ça ne m’a pas plus convaincu que ça…
La fin semble, laissant un goût d’inachevé ou de facilité. L’addition devient un poil salé…
On finit par se demander quelle est la réelle plus-value de tout cet étirement narratif si c’est pour aboutir à une conclusion qui manque d’intensité.
Ce qui est dommage, car il y a quelques fulgurances et beaucoup de talent dans la gestion et les jeux de lumière, ce qui en soit et un sacré tour de force… Mais ce n’est pas suffisant pour me permettre de recommander le film. C’est original, mais le film ne pouvait pas se reposer simplement sur ça et c’est le sentiment que j’ai eux une fois le générique arrivé.
