La Planète des singes – Les Origines

Rien que d’y repenser, je sens ce frisson que j’ai eu la première fois, quand je me suis rendu compte que ce film, allait en fait dépasser toutes mes attentes. Et franchement, même après un revisionnage récent (provoqué par les débuts de la nouvelle trilogie), le constat est limpide. Ce film n’a pas pris une ride. C’est toujours aussi prenant, toujours aussi bien raconté. Il y a cette espèce de montée en puissance parfaitement dosée, presque organique, qui te fait passer d’un simple laboratoire à la libération brutale de toute une espèce. Et tout ça, sans avoir besoin de sombrer dans le spectaculaire à outrance. Parce que ce chapitre des origines, c’est avant tout une histoire de regards, de non-dits, de petits gestes. Un film où l’émotion se glisse dans un froncement de sourcil de César ou dans un simple mot prononcé à la fin, qui m’avait littéralement cloué sur place à l’époque : Non! C’est rare, un préquel qui fonctionne à ce point. Parce qu’on connaît déjà la fin, quelque part. On sait ce que ça va donner, ce qui va suivre. Et pourtant, tout est là pour nous happer comme si c’était la première fois. Cette réussite, elle repose en grande partie sur le choix de nous attacher d’abord à un seul personnage, César. Le suivre depuis sa naissance, comprendre son évolution, sa trahison, son éveil. C’est bouleversant. Franchement, l’interprétation en performance capture d’Andy Serkis, c’est du grand art. Sans lui, pas sûr que ça aurait autant fonctionné. Et même James Franco, que je trouve parfois inégal, joue ici avec retenue. On le sent touché par ce qu’il fait. Le lien qu’il crée avec César est crédible, sincère, jamais too much. Le film prend le temps. Il installe. Il développe. Là où je suis encore plus bluffé, c’est sur la manière dont les thématiques sont amenées. C’est intelligent, c’est fluide, ça ne prend pas le spectateur pour un débile. L’expérimentation scientifique, l’avidité des labos, l’arrogance humaine, l’éveil de la conscience, la prison des cages… tout est là, mais rien ne sonne comme un cours magistral ou un prêche moralisateur. C’est juste une bonne histoire, bien racontée, avec des idées fortes en fond. Et bordel, qu’est-ce que c’est agréable. Alors oui, y’a bien quelques effets spéciaux qui ont un peu vieilli, notamment dans les séquences de foule ou certains mouvements un peu saccadés. Mais à côté de ce que propose la nouvelle trilogie (en tout cas ce que j’en ai vu pour l’instant), c’est du grand cinéma. Là où les autres s’agitent dans tous les sens avec une mise en scène souvent bien plate, ce film mise sur la tension, l’émotion, la construction. Et c’est ça qui fait toute la différence. Pour moi, ce film reste un cas d’école. Comment relancer une franchise vieillissante sans la trahir. Comment écrire un bon préquel qui a du sens. Comment créer une figure forte, charismatique, bouleversante, sans avoir besoin de lui filer trois répliques badass et un flingue. César n’a pas besoin de gueuler pour qu’on l’écoute. Il vit. Et c’est peut-être ça, la plus belle victoire du film.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *