Le Prénom

Le chef d’oeuvre que j’ai découvert très tard… L’année dernière, on m’a simplement dit « attend tu n’as jamais vu le prénom? C’est une pièce à la base et comme pour Le Dîner de cons il y a eu une super adaptation » ni une ni deux, je me suis empresser de le voir et en effet, j’avais loupé ce film génial! j’en attendais pas grand-chose et qui m’a pourtant pris par surprise. Pas par un retournement de situation improbable ou un effet de mise en scène renversant, non, mais par sa maîtrise, sa justesse, et ce plaisir rare d’un texte bien écrit, incarné par des comédiens en pleine forme. J’ai vraiment adoré et osons le dire, c’est un classique de la comédie Française. (Dont les notes les moins glorieuses, que je peux voir sur le net, m’inquiètent) À première vue, on pourrait croire à une comédie de salon bourgeoise, un vaudeville de plus. En un sens, c’est exactement ça, mais c’est aussi bien plus. Le film repose sur une idée toute simple d’une soirée entre amis qui dérape, à cause d’un choix de prénom. Dit comme ça, ça paraît anodin, mais derrière cette anecdote, c’est une boîte de Pandore qui s’ouvre, et chaque personnage va en prendre pour son grade. On rit, bien sûr, mais c’est un rire qui gratte. Parce que très vite, les petites piques deviennent des règlements de compte, et on touche à quelque chose de très humain, presque gênant. Ce que j’ai trouvé fort, c’est la dynamique entre les personnages. C’est écrit avec une précision chirurgicale, chaque réplique a du poids, et les non-dits explosent à la gueule de tout le monde sans jamais tomber dans le pathos. On navigue entre les registres avec une aisance impressionnante, c’est vif, cruel, tendre parfois et souvent drôle. Même quand ça fait mal! Et je pense que c’est là que le film est le plus fort, dans sa capacité à rendre la mesquinerie attachante, et la tension jubilatoire. Le casting est impeccable. Patrick Bruel, Charles Berling, Valérie Benguigui… tous trouvent un ton juste, une manière de livrer leurs vérités sans forcer. Comme c’est adapté d’une pièce de théâtre, la mise en scène reste simple, mais jamais paresseuse. Elle laisse respirer le texte, donne du rythme, et surtout, elle n’essaie jamais de détourner l’attention du cœur du sujet, les mots. Le film est littéralement porté par la parole. Alors oui, Le Prénom n’a rien de révolutionnaire, et on pourra toujours lui reprocher un certain académisme ou un manque d’ambition visuelle. Mais pour moi, c’est typiquement le genre d’œuvre qui prouve qu’avec une bonne écriture, une direction d’acteurs soignée, et une situation de départ bien ficelée, on peut faire un grand moment de cinéma, sans avoir besoin d’en faire des caisses. Une vraie réussite. Drôle, bien dialogué, brillamment interprété, et qui laisse derrière lui un goût de vérité bien plus amer que prévu.

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