Un excellent film que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir hier soir! Je me suis surpris à avoir la larme à l’œil plus d’une fois, pour des personnages pourtant simples, parfois à la limite du caricatural. ils sont plutôt des archétypes et plutôt bien gérés dans leur genre. Un vent d’air frais. Parlons de l’évidence, mais l’animation est splendide. Le film m’a séduit immédiatement par son esthétique visuelle, presque comme une peinture de Monet dans une forêt sortie de Miyazaki. Ce style pictural unique nous éloigne de la froideur de la 3D classique pour proposer quelque chose de vivant et de chaleureux. Les détails de la nature, la neige, la mousse, les feuilles, sont traités avec une finesse exceptionnelle. Couplez à ça la musique est marquante, parfois même bouleversante. Elle accompagne et amplifie l’émotion avec puissance, au point de devenir presque un personnage en elle-même. Associée aux thématiques environnementales et à la peur de grandir, que ce soit du côté de l’enfant ou du parent, elle renforce encore ce mélange de tendresse et de gravité qui rend le film si accessible et universel. Ce qui m’a marqué avant tout, c’est la force émotionnelle et la sensibilité de la narration. J’avoue avoir eu du mal à rentrer dedans au départ, ça commençait comme un film DreamWorks dont j’ai parfois du mal à accrocher, une suite de petites saynètes drôles avec peu de dialogues et j’ai vite eu du mal à y maintenir mon intérêt. Mais petit à petit, l’histoire prend forme, et elle m’a touché par sa poésie et sa profondeur, centrée sur un trio vraiment intéressant. Les thèmes abordés comme la maternité, l’adoption, la famille retrouvée, l’adaptation à l’environnement, m’ont parlé et ils sont efficacement traités. Le film explore la question du sens de l’existence à travers l’amour, et si j’ai craint un temps un simple ersatz de Wall-E ou du Géant de fer, j’ai finalement été transporté par un traitement beaucoup plus intime et humain. Évidemment, tout n’est pas parfait. Malgré ses ambitions, le film reste peut-être un peu trop sécurisant, « trop sage », comme s’il préférait rester dans une zone de confort plutôt que d’oser vraiment bousculer son public. On pense à des productions comme Migration ou Zootopie, qui avaient le même défaut. On aurait aimé qu’il assume davantage que grandir ou évoluer n’est pas si simple, plutôt que de résoudre certaines tensions par deux mentors tombés du ciel. Et oui, parfois le message paraît un peu simpliste, une famille recomposée suffit à convaincre toute une forêt d’arrêter de s’entre-dévorer… un peu naïf, un peu « con-con », mais difficile de faire autrement dans ce type de récit. C’est sûr que certains adultes trouveront ça trop simple et resteront sur le côté, à quelques endroits… Fort heureusement, ces moments qui nous sortent du visionnage, ça n’arrive pas à tous le film. Mais si l’on met ça de côté, l’expérience reste excellente. Pour moi, Le Robot sauvage fait partie des meilleurs films d’animation de ces dernières années, un de ceux qui réussissent à être à la fois beaux, touchants et universels. Au fond, Le Robot sauvage m’a rappelé pourquoi j’aime autant l’animation, cette capacité rare à parler à tout le monde en même temps, à toucher l’enfant comme l’adulte sans jamais perdre sa sincérité. C’est un film imparfait, parfois un peu trop sage, mais qui parvient malgré tout à rester gravé par ses images, sa musique et ses émotions. Une œuvre qui ne cherche pas à réinventer l’animation mais à la sublimer par la simplicité et qui réussit surtout à nous rappeler que grandir, aimer et s’attacher restent les plus grandes aventures qui soient.
Le Robot sauvage
