Matrix Resurrections

Contre toute attente, j’ai vraiment apprécier ce Matrix Resurrections. Fan de la trilogie, je me l’étais gardé depuis plusieurs années et j’était enfin prêt à l’accueillir. Je vais être honnête, j’étais pas préparé à autant aimer Matrix Resurrections. Pourtant, j’en attendais rien. Je me doutais que ce ne serait pas au niveau de la trilogie, je savais que les critiques étaient divisées, et j’avais bien conscience que ce retour était périlleux. Mais je suis sorti du film vraiment touché, presque ému, avec cette impression étrange qu’on venait de me parler directement, dans un langage que seul Matrix sait manier. Toutes les personnes dont je suis les avis semblent avoir détesté, internet semble s’accorder aussi sur plusieurs points négatifs qu’on va passer en revu sans attendre. Oui! Je suis d’accord, les scènes de combats sont indignes de la trilogie… On été en droit de s’attendre à un spectacle et c’était très mauvais. Les chorégraphies sont sans inspiration, les coups n’ont aucun impact et là ou les premiers films semblaient s’inspirer de l’univers de quelques mangas, ici, on a l’impression de les singer et c’est assez désagréable à l’oeil! Sur ce point, le monde entier est d’accord et je m’aligne. Il y a quand même quelques idées fortes, comme ce mode horde, qui rajoute quelque chose de visuellement apocalyptique et terriblement efficace, mais ceci mis à part, je comprend totalement la déception de toutes les personnes qui étaient en droit d’attendre de l’action. Et oui, le propos est plus accessible, plus frontal. On sent que Lana Wachowski ne cherche pas à faire dans la subtilité métaphysique cette fois. Le film est plus simple à lire, moins ésotérique, et ça peut en décevoir certains. Mais moi, j’y ai vu une volonté de dire les choses clairement, d’assumer un regard plus personnel, plus désabusé… mais aussi plus intime. Je ne suis pas de ceux qui font l’amalgame ridicule « compliqué = cool », bien au contraire, je trouve que sur ce point le film est respectueux de ces fans. Parce que c’est là que Matrix Resurrections m’a eu. Dans ce qu’il raconte. Ce n’est pas un film d’action. C’est une lettre d’amour amère à la création, au lien, à l’amour, à la mémoire et à l’envie de reprendre le contrôle sur son récit. J’ai été surpris de voir autant de tendresse et de recul. On nous parle de marketing cannibale, de nostalgie piégée, de résurrection qui n’en est pas vraiment une… et tout ça dans l’univers même de Matrix, avec ses propres armes. Et puis, y’a ces scènes qui restent en tête. Pas tant pour leur mise en scène (même si certaines idées visuelles fonctionnent), mais pour leurs dialogues. J’en ai noté 4 ou 5 qui m’ont scotché. De vraies lignes qui sonnent justes, qui poussent à réfléchir. Des phrases qui, comme dans le premier film, t’accompagnent après la séance, qui continuent de résonner. C’est ça que j’étais venu chercher. Et c’est ça que j’ai trouvé. Le premier café entre Néo et Trinity est simple et si efficace, j’en avait le souffle coupé! Le thème de l’amour tourne autour de ce film et je trouve qu’après toute cette guerre, c’est peut être le seul thème qui mérite qu’on se batte de nouveau pour lui. J’ai d’ailleurs adoré retrouver la froideur du monde réelle et cette nouvelle ville, au fondation plus solide pour l’humanité. Ce Matrix semble avoir trois couche de lecture. La première qui va être très généreuse et rajouter beaucoup d’élément à l’univers et au futur de la Matrix et de l’humanité. Une deuxième, traitant de l’amour et d’un après guerre plus en paix. Puis une troisième sur l’industrie de la création et pour un retour, je n’aurais pas rêvé mieux. Je me suis surpris à avoir un grand sourire, pendant les trente premières minutes, tellement que j’ai trouvé les idées brillante pour un retour d’une telle licence. C’était risqué et sur moi ça a totalement fonctionné! Alors non, Resurrections n’est pas un grand film d’action. Il ne cherche même plus à l’être. C’est un film sur la suite impossible, sur le deuil d’une œuvre, sur le besoin de s’exprimer une dernière fois, sans concession. Et j’ai trouvé ça beau. Brisé, imparfait, un peu fatigué, mais profondément sincère. Je comprends qu’on ait pu détester. Je comprends qu’on le trouve bancal, ennuyeux ou inutile. Mais moi, j’y ai vu quelque chose de profondément humain, et j’en suis ressorti avec le cœur un peu plus plein qu’en entrant. Et rien que pour ça, je ne peux que remercier le film d’exister.

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