Mon inconnue

Rien n’est acquis?

Je suis ressorti de Mon inconnue avec ce sentiment agréable d’un film qui ne révolutionne rien, mais qui parvient à toucher juste là où il le faut. J’en sort avec une douce émotion.

Dès le départ, l’idée du monde parallèle m’a plu. On est devant une comédie romantique, avec aspect un peu magique, qui est là pour mettre le doigt sur la « faute d’une héros ». Une chose qu’on a plus l’habitude de retrouver dans le cinéma outre atlantique et c’est déjà un petit vent de fraicheur que d’avoir cette formule ici aussi.

Ce n’est pas un concept inédit, mais il est utilisé avec suffisamment de finesse pour questionner ce qu’il reste d’une histoire d’amour quand on retire tout ce qui semblait acquis. Voir Raphaël se réveiller dans une réalité où Olivia ne le connaît pas, ce n’est pas seulement un twist amusant, c’est une manière de remettre en jeu la mémoire, l’usure du quotidien et la façon dont on finit parfois par négliger ce qu’on aime.

Ce qui m’a surpris, c’est à quel point la conclusion retombe juste. Puisqu’elle se referme avec douceur… C’est ce souvenir-là qui m’est resté après le générique, plus que l’effet fantastique lui-même.

Pour autant, j’ai senti quelques flottements. Le film ouvre une porte très forte avec son concept, mais il ne l’explore pas jusqu’au bout. Il y a des longueurs, des imprécisions, comme si le scénario hésitait entre assumer pleinement sa dimension surnaturelle ou rester dans la comédie romantique classique. Par moments, le film semble même prendre ses distances avec sa propre idée, notamment dans la comparaison assumée avec Les Visiteurs. Ce clin d’œil m’a amusé, mais m’a aussi un peu sorti de l’histoire, comme si le film se dédouanait avant de vraiment s’engager. Heureusement et comme dit plus haut, la fin est revenur sur quelque chose de plus soft.

Techniquement, la mise en scène reste simple, mais elle est soignée. Quelques plans plus stylisés viennent surprendre, notamment ces éclats presque science-fiction dans un Paris enneigé qui donnent une respiration visuelle inattendue. Ce n’est jamais tape-à-l’œil, mais ça montre une vraie intention de cinéma. On sent que le film préfère l’émotion à la démonstration, et ça lui va plutôt bien, même si certains regretteront un manque d’ambition ou une esthétique trop sage.

Là où tout fonctionne vraiment, à mes yeux, c’est dans le jeu des acteurs. François Civil parvient à rendre Raphaël touchant sans en faire trop, Joséphine Japy apporte une lumière discrète mais essentielle, et Benjamin Lavernhe vole presque chaque scène où il apparaît. Sa présence comique est ultra efficace, jamais lourde, et c’est lui qui relance le rythme quand l’histoire se met à traîner. Sans lui, le film aurait peut-être perdu un peu de sa fraîcheur.

Au final, Mon inconnue n’est pas un film que je ressentirai le besoin de revoir, mais j’ai passé un très bon moment. Une belle idée de départ, une conclusion réussie, des acteurs qui tiennent tout ensemble, même si le scénario manque parfois de précision et que l’élément fantastique reste trop sage pour marquer durablement. Un film imparfait mais sincère, et qui nous rappelle que parfois, il suffit de regarder quelqu’un autrement pour que tout recommence. J’aime ce genre de petite touche de tendresse quand elles sont traités avec soin, comme ici.

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