Dès ses premiers chapitres, bouscule les codes du shonen en mettant en scène un héros qui commence déjà au sommet de la puissance. Avec Saitama, un protagoniste qui terrasse n’importe quel adversaire d’un seul coup de poing, le récit se moque des progressions de puissance typiques des mangas d’action. Cette idée est novatrice : en renversant la dynamique des défis croissants que l’on attend habituellement, One Punch Man brille par son humour et son ironie vis-à-vis des standards du genre. Toutefois, cet équilibre de départ tend à s’essouffler au fur et à mesure que l’intrigue se concentre de plus en plus sur des personnages secondaires, ce qui affaiblit peu à peu l’impact de la série. C’est au final tous ce que je retiens de l’œuvre et c’est un triste gâchis à mes yeux. On c’est tous amuser entre amis, à se demander « qui c’est qui le plus fort à la bagarre » lorsqu’on est dans la lecture d’un comics, ou d’un manga d’action. C’est d’ailleurs se qui intéresse le plus sur certains passages. Comment Luffy va pouvoir térasser tel adversaire qui était or de porté quelques instants plus tôt, quel ruse va utiliser tel héros pour aller au dessus du gap de puissance de l’antagoniste, ect. J’avais du coup adoré One punch man pour ça proposition et son concept de base. Magnifié par les dessins de Murata, je ne pouvais qu’adhérer à la chose et c’est alors que commence l’aventure de Saitama, ce personnage or du commun. Le manga réussit son pari initial en proposant des situations hilarantes où Saitama, malgré sa force absolue, mène une vie banale et s’ennuie profondément. Cette exagération de puissance et de désintérêt illustre de manière cynique l’absurdité de la quête de force inépuisable que l’on voit dans d’autres œuvres. Cependant, après cette première vague de chapitres rafraîchissants, la structure narrative se dilue dans une surabondance de combats et de focus sur d’autres héros, notamment dans l’Association des Héros. Ce qui n’enrichit pas du tous l’univers de l’oeuvre, qui semble tantôt parodique, tantôt sérieuse… Le fil principal perd de son souffle en se détournant trop de Saitama. Puis quand on y réfléchit bien… Comment resté intéressé par un héros sur puissant? Dans les arcs ultérieurs, One Punch Man s’oriente vers des affrontements épiques entre des héros et des monstres, mais cette approche détourne l’attention de la satire initiale qui faisait tout le sel de l’œuvre. Le manga semble se plier aux conventions shonen qu’il parodiait à ses débuts, remplaçant la fraîcheur de ses débuts par une accumulation de batailles qui peinent parfois à se renouveler. En se concentrant sur des personnages secondaires souvent moins captivants, perd un peu de la spontanéité et de l’originalité qui faisaient son charme. Cette dilution du protagoniste central dans une galerie de héros et de vilains laisse l’impression d’une œuvre qui perd de sa voix unique au profit d’une répétition des formules classiques du shonen. Devenir se que l’on pointe du doigt, c’est quand même assez misérable en plus d’être bougrement cliché. Parce qu’à choisir, je vais préféré lire une oeuvre très cliché, puisqu’elle finira certainement par l’être moins que celle ci. Malgré cela, One Punch Man reste une œuvre originale et elle aura marqué son temps. Yusuke Murata excelle dans l’illustration, livrant des planches d’une intensité visuelle rare, où chaque combat est rendu avec une énergie presque cinétique. Cette prouesse artistique maintient le manga à un niveau élevé, même lorsque le scénario semble moins captivant. En fin de compte, One Punch Man reste une expérience fascinante pour ceux qui apprécient le décalage et la satire, mais risque de perdre les lecteurs qui attendaient une critique constante et plus marquée des standards shonen.
One-Punch Man
