Le Pavillon d’or

J’ai dévoré Le Pavillon d’Or d’une traite. C’est le genre de livre qui te prend aux tripes et ne te lâche plus. Mishima a un talent fou pour plonger le lecteur dans la tête de ses personnages, et Hayashi, ce jeune moine obsédé par la beauté, m’a totalement happé. Enfant, on m’a appris à ne jamais être jaloux et c’est donc un sentiment que je n’ai jamais réellement compris, mais ce roman me l’a clairement fait décortiquer. De la graine planté, à l’arbre de haine déployer de toutes ça largeur. J’ai ressenti une telle empathie pour le personnage principal, perdu dans son monde intérieur, tiraillé entre ses désirs et ses croyances. La description du Pavillon d’Or est à couper le souffle, on a l’impression d’être là, au milieu de ce jardin zen, à contempler ce chef-d’œuvre architectural. De manière général, le style est très descriptif, mais sans me noyez sous du détail inutile. Non, nous sommes sur un flot poétique, qui nous laisse une grande place à l’imagination. Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est cette tension entre la beauté et la destruction. Le Pavillon, symbole de perfection, devient pour Hayashi une obsession malsaine. Il y voit à la fois un idéal à atteindre et un obstacle à surmonter. C’est une relation complexe, presque perverse, qui m’a glacé le sang et à l’écriture de ces lignes, j’en ai même la chair de poule. Mishima pose des questions essentielles sur la nature de la beauté, sur le rapport à la foi, à la société. C’est un livre qui m’a fait réfléchir bien après l’avoir refermé. J’ai en mémoire l’échange avec le père Zenkai, très introspectif, ou alors cette simple citation: « La beauté est une flamme qui consume tout sur son passage. » Trop briller créer des ombres qui pourrait vouloir étouffer la flamme et c’est clairement ce qui est mis en scène ici. Je ne vais pas vous mentir, certains passages sont un peu denses, et la psychologie de Hayashi peut parfois être complexe à saisir. Mais c’est justement ce qui fait le charme de ce roman. C’est un livre qui demande à être travaillé, à être ruminé. Sans oublié tous les termes et noms Japonais… J’ai bizarrement eu du mal à m’accoutumer à la chose au début. Pourtant, ce n’est pas une culte qui m’est étrangère, mais je pense que ça peut être complexe pour certain(e)s lecteurs/trices, non coutumiers. Le Pavillon d’Or est une expérience de lecture intense et inoubliable. Si vous aimez les romans psychologiques et qui prennent pour base des histoires simples, pour laisser la place à la réflexion, je vous le recommande chaudement. Un classique de la littérature mondial, qui mérite son statut de culte intemporel et qui me donne furieusement envi de découvrir d’autre oeuvre de l’auteur.

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