Je suis resté un peu sur le bord de la route, avec Les Kassos. C’est pas que j’ai trouvé ça honteux, ni même détestable, mais il y a cette impression constante d’un truc qui cherche à faire le malin sans réussir à vraiment surprendre. Un délire potache, sale, trash, qui carbure à la parodie facile… mais qui ne me décroche finalement pas grand-chose. Le concept, sur le papier, a ce qu’il faut pour intriguer, détourner les figures cultes de la pop culture, Goldorak, Toad, Hello Kitty ou Maya l’abeille et les faire basculer dans un monde de lose, de misère sociale, de dépression moderne. Je suis très sujet au rire, surtout sur le registre de la parodie, comme le prouve mon avis sur South park et autre. Dans les premières minutes, on y croit presque. Il y a un fond de satire là-dedans, un portrait déformé d’une génération en burn-out permanent, en quête de psy ou de came, comme si le monde de l’enfance avait pris de la coke et découvert Pôle Emploi. Jusqu’ici j’applaudit volontier et ça me donne bien envi d’enchainer quelques capsules, par-ci par-là Mais très vite, ça tourne en rond… L’effet choc des premières blagues s’estompe, et il ne reste qu’un enchaînement de sketchs souvent prévisibles, avec des chutes téléphonées ou simplement vulgaires pour le plaisir de l’être. Ça cherche la transgression, mais sans vraie rage derrière. Juste une envie de faire grincer les dents sans se demander si ça raconte encore quelque chose. Et c’est ça, je crois, qui me frustre, le potentiel est là, les détournements pourraient dire bien plus, mais tout reste en surface. Un costume d’irrévérence qui cache surtout un humour un peu creux. Alors oui, il y a parfois un bon mot, une idée plus fine, un détournement bien vu. Le format court aide à faire passer la pilule. Mais ça reste souvent une idée jetée, sans suite, comme un vieux gag qu’on ressort en se disant que la référence suffit à faire rire. Et moi, j’en attends un peu plus aujourd’hui. Pas forcément un message profond ou une morale, mais au moins une envie d’aller plus loin que le simple pastiche scato-dépressif. Attention, je ne peux pas nier que ça a une identité, un ton, et même un certain culot. Mais un culot un peu facile, un humour qui s’épuise à force de vouloir choquer sans se renouveler. À force de vouloir dézinguer tous les symboles, on oublie qu’on peut aussi en faire quelque chose de neuf. Ou au moins de marquant.
Les Kassos
