Au risque de démarrage sur une excuse qui va venir justifier ma lecture, j’ai une relation particulière avec ce manga et je pense qu’elle est essentielle pour comprendre mon avis… On été à l’âge d’or du manga en France, les Naruto, One piece et autres donnaient envi à beaucoup de jeunes de découvrir encore plus de ces BDs bien particulières et forcément, tous ce qui nous passaient sous la main été suffisant pour nous occuper agréablement. J’avais alors une petite sœur, intéressé par les lectures de son grand frère et qui avait donc droit à un manga qui semblait lui parler en la présence de Love Hina. Ni une, ni deux, je m’empressais aussi de découvrir les tomes à leurs sorties et c’était un vrai vent d’air frais sur ces histoires pleines de combats que je préférais lire. On pouvait faire autre chose avec le manga et c’était même parfois drôle! Alors, ces derniers temps, j’ai eu de trip nostalgiques, de repasser sur quelques séries qui ont eu le potentiel d’être culte… Je voulais y laisser une deuxième chance et j’étais même prêt à partir sur une petite série simple et sans prétention, qui aurait bien valu la moyenne en terme de notation… Sans surprise, ça n’a pas été le cas! Petit Disclaimer… Le genre Ecchi me dérange et m’a toujours un peu dérangé… Je ne dis pas qu’à l’époque de mes premiers émois je n’ai pas été un peu séduit, ni même que j’avais ma préférence sur l’une des protagonistes, comme pour Sailor Mars… Mon vrai amour d’enfance… Alors, je m’apprêtais à ne pas en parler. Le Japon a ça culture et c’est typiquement le genre de manga un peu aguicheur qui plaira aux jeunes filles, car ça génère de l’ambiguïté amoureuses à tous va et aux jeunes garçons qui rêverai d’avoir ce genre d’histoire à la limite de l’érotismes à raconter à leurs copains. Mais j’ai commencé cette relecture en me disant que j’allais passer outre, sans m’en plaindre… Et voyez vous… Love Hina, c’est un peu ce vieux souvenir d’ado qu’on pense avoir laissé derrière nous. Un manga de bain public, de gifles gratuites, de culottes accidentelles, et de malentendus en série. À l’époque, j’avais dû le lire un peu distraitement, comme on picore un paquet de bonbons sans vraiment avoir faim. Et en le relisant aujourd’hui, avec un peu plus de recul et un peu moins de tolérance au fan-service grivois, difficile de ne pas soupirer. Un représentant caricatural d’une époque où l’idée de « harem comique » suffisait à lancer une série sur 14 tomes. Pourtant, ce qui frappe le plus, ce n’est même pas le côté daté de ses gags, mais bien la stagnation narrative. Keitaro rate son concours, tombe dans les seins de Naru, se fait gifler. Keitaro trébuche, chope la culotte d’une autre fille, se fait dégager par une autre. Keitaro essaie de réviser, se retrouve à poil, en panique, dans une salle de bain… et ainsi de suite. On pourrait mettre des autocollants numérotés sur chaque scène et les tirer au sort, le résultat serait le même! J’ai eu l’impression que tous n’est que prétexte, à l’instart d’une blague de Toto, ne nous montrer Keitaro dans une situation normal et la transformer en érotique! Keitaro à la préfecture pour revoir une ligne d’un document administratif, qui va finir nu dans le lit de de femme… Keitaro en deltaplane qui va se cracher dans les douches publics remplis de filles de son age… Bref… Vous avez saisit l’idée et c’est fou que ça ne m’était pas plus sauté aux yeux à l’époque! Alors oui, c’est lisible, ça coule tout seul, ça se veut léger, et parfois, ça fonctionne. Il m’est arrivé de sourire, parfois même de trouver un moment mignon entre deux bastos de clichés. Le thème des études, ce rêve de Tokyo U qu’on traîne comme un fardeau ou un objectif mal défini, est probablement ce qu’il y a de plus touchant dans la série. Mais c’est vite enterré sous la montagne de scènes en slip et les blagues sur la malchance (/heureuse) éternelle du héros. Graphiquement, c’est propre, sans prise de risque. On sent que c’est là pour illustrer une formule, pas pour sublimer une idée. Le onsen devient un décor, les expressions sont recyclées, et même les moments « émotion » sont plats, comme si l’auteur n’y croyait pas vraiment non plus. Keitaro, de son côté, incarne cette figure du gentil loser qu’on a vue mille fois ailleurs, mais ici, sans jamais évoluer. Il n’apprend rien, ne progresse pas vraiment, il est juste là pour subir la mécanique du manga. Le personnage interchangeable par excellence… Quant aux filles… ce sont des archétypes ambulants. L’énergique, la tsundere, la silencieuse, la maladroite. C’est un bingo de tropes. Et au fond, ça passe, si on est dans le bon état d’esprit. Mais plus j’avançais, plus je sentais que l’humour s’épuisait, que la promesse de la fameuse « révélation finale » ne tenait pas en haleine, que tout avait été dit dès le premier tome, et que les suivants ne servaient qu’à faire tourner la machine. Alors, non, je ne dirais pas que Love Hina est un ratage. C’est juste un manga qui ne parle plus à grand monde aujourd’hui. Il n’a pas mal vieilli visuellement, mais narrativement, il sent le renfermé. Pour quelqu’un qui découvre le manga à 14 ans, ça peut fonctionner, j’en suis persuadé. Il y a de la tendresse là-dedans, une naïveté assumée. Mais pour le lecteur un peu plus aguerri, c’est surtout un long tunnel de redondance et de promesses qui ne mènent nulle part. J’ai fait de mon mieux pour ne pas juger la consommation de ce genre d’oeuvre, parce que quelque part à chacun ces plaisirs… Ceci dit, difficile de ne pas voir qu’aujourd’hui et depuis très longtemps, il existe déjà bien mieux dans le genre, faisant que Love Hina finira certainement par être oublié. J’avoue trouvé ça assez sordide, au-delà du fait que ce soit niai… Parce que bon… Jouer faussement l’inintérêt et le fait d’être maladroit, pour générer des situations tournant toujours au tour de quelque chose de vaguement, voir explicitement sexuel, me semble plus que déconcertant… Sans vouloir faire mon vieux con, je ne pense pas que ça puisse faire du mal ce genre de lecture, ceci dit, sans en confisquer ça lecture, je n’irai certainement pas la recommander.
Love Hina
