J’aurais tellement aimé y croire… Snowpiercer, en tant que concept, me fascine. Cette idée de train lancé à pleine vitesse dans un monde gelé, refuge dérisoire de l’humanité divisée en classes… c’est un décor parfait pour parler de lutte, d’oppression, de survie et de fatalité. Le film de Bong Joon-ho m’avait emporté avec sa mise en scène tendue, ses décors claustros et cette manière de rendre chaque wagon symbolique, brutal, presque sacré. Un conte social sous stéroïdes. La série, elle, me laisse surtout avec un long soupir. Ce n’est pas catastrophique, il y a des moyens, des intentions, une volonté d’étirer l’univers, mais je m’y suis ennuyé. Beaucoup. Et c’est sans doute ce qui me frustre le plus. Tout semble trop propre, trop figé, comme si l’énergie du train avait été aspirée quelque part entre le pilote et la salle de réunion des showrunners. Me laissant alors abandonné au milieu de la saison deux, pendant ce qui semblait être un sacré tournant, mais que je n’ai même plus eux la curiosité de voir. On sent bien l’effort pour construire quelque chose de plus vaste, pour donner une voix à chaque wagon, à chaque faction. Mais cette volonté de tout expliquer, de tout développer, casse paradoxalement la tension. L’urgence du film devient ici un feuilleton. Le choc est remplacé par l’habitude, le mystère par des intrigues de pouvoir un peu mollassonnes. Cette structure policière, en début de série, n’aide pas franchement à croire à l’univers. On troque la folie de l’ascension pour une enquête qui traîne en longueur. Le train file, mais le rythme reste à quai. C’est dommage, parce que l’idée de revisiter cette micro-société avec un regard plus large aurait pu être puissante. Mais tout semble trop calibré. La crasse est propre, la révolte est tiède, les personnages sont souvent lisses ou téléphonés. Même les twists tombent à plat, comme s’ils cochaient une case du cahier de production. Et moi, pendant ce temps, je regarde sans frisson, sans tension. Le train défile, et je m’en fous un peu. Je ne suis même pas fâché. Juste triste que cette licence, que ce décor, que ce potentiel énorme se retrouve dilué dans une série qui semble jouer la sécurité. Comme si l’envie de plaire à tout le monde avait anesthésié tout le reste. Je n’y ai pas retrouvé la violence sourde du film, ni son regard acide. Juste un produit, soigné mais tiède. Largement sous le film et encore en dessous de son matériaux de base , donc totalement oubliable.
Snowpiercer
