Squid Game

Quand la première saison de Squid Game est sortie, j’ai eu ce réflexe que beaucoup ont partagé… J’ai lancé par curiosité, pour comprendre d’où venait tout ce bruit. Rapidement, j’ai compris que j’étais face à une série qui allait diviser. Pour une grande partie du public, c’était une révélation. Pour moi, c’était une démonstration bien emballée de ce que je connaissais déjà, en plus lisse, en moins intense. Visuellement, rien à dire! C’est fort. Les tenues roses, les masques géométriques, les décors de cour d’école géante tordus en cauchemar… ça marque. La réalisation est propre, le rythme tient en haleine, les premiers jeux sont efficaces. Tout est calibré pour captiver. Je suis le premier à reconnaître que c’est un sacré tour de force d’avoir popularisé aussi largement un genre aussi codé que le survival game. Pour ça, je suis content que ça existe. Mais derrière cette réussite formelle, j’ai surtout vu les limites. Tout ce que j’avais déjà croisé ailleurs… Dans Kaiji, Liar Game, Battle Royale, Danganronpa, était ici aplati, vulgarisé, édulcoré. La critique sociale ne propose aucune lecture neuve. Les riches sont cruels, les pauvres désespérés, et tout ça donne un grand jeu sadique. Soit. Mais à force de marteler ses idées, la série finit par sonner faux. Et surtout, elle manque cruellement de finesse dans l’écriture de ses personnages. Le héros change du tout au tout sans vraie construction, les antagonistes sont ridicules de caricature, et les fameux VIPs… probablement parmi les personnages les plus gênants que j’aie vus depuis longtemps. Et pourtant, Squid Game tient. Elle tient parce qu’elle joue sur des ressorts universels. Le besoin d’argent, la survie, la compétition. Elle tient parce qu’elle connaît son public, et qu’elle sait maintenir une tension constante. Mais pour quelqu’un qui a déjà exploré ce genre ailleurs, c’est un miroir déformant, une version simplifiée qui passe à côté de ce qui rend le survival vraiment fort. La complexité morale, la ruse psychologique, et cette frontière floue entre le monstre et l’homme. Cette première saison m’avait bien intrigué et je me demandais bien comment ils allaient faire pour relancer une suite. Je me suis d’ailleurs jeté sur cette dernière, mais mon avis global sur la série, fait que j’ai pu être quand même un poil déçu.

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