Je sais que je vais en faire bondir plus d’un, mais tant pis. Je n’aime pas The Wire. Et pourtant, j’y suis allé avec toutes les bonnes intentions du monde. J’en avais tellement entendu parler. La série “ultime”, celle qu’on met au panthéon avec Les Sopranos, Breaking Bad, ou Oz. Celle que les critiques adorent brandir comme “la plus réaliste”, “la plus intelligente”, “la plus importante”… Et franchement, je comprends ce qu’ils veulent dire. Mais il y a une énorme différence entre comprendre l’intention et apprécier l’expérience. Moi, j’ai regardé The Wire, et je me suis profondément ennuyé. Dès la saison 1, j’ai senti que ça allait être compliqué. On nous plonge dans le quotidien d’une brigade de police qui galère à monter un dossier contre des dealers de Baltimore. Et c’est lent. Lent à un point où j’avais l’impression de regarder un rapport administratif mis en scène. Les enjeux sont posés avec précision, on sent le souci du détail, mais j’étais déjà en train de bailler à l’épisode 3. Le réalisme est là, oui. Le langage, la méthode, les écoutes… Tout sonne vrai. Mais ce vrai-là, il est froid, aride, et surtout très peu engageant émotionnellement. Je n’ai pas ressenti d’attachement particulier aux personnages, et j’attendais en vain qu’une intrigue me prenne aux tripes. Puis vient la saison 2, le fameux virage vers les dockers. J’ai vu beaucoup de gens dire qu’ils l’avaient trouvée “sous-estimée”, alors que pourtant elle faisait le lien entre la criminalité de rue et les structures économiques. Et encore une fois, sur le papier, pourquoi pas. Mais dans les faits ? Encore une fois, je me suis ennuyé. Aucun personnage ne m’a vraiment accroché, l’histoire m’a semblé diluée, trop bavarde, et au final sans émotion. Je voyais l’intelligence de la série, son côté “thèse sociologique”, mais je n’étais jamais emporté. La saison 3 m’a presque redonné espoir. On revient sur le terrain, sur la guerre des gangs, avec une tentative de créer une zone de tolérance pour la drogue. Là, j’ai levé un sourcil d’intérêt. L’idée était osée, les enjeux intéressants, mais comme d’habitude, la série n’arrive pas à injecter un vrai rythme. Ça reste hyper clinique. Tous les éléments sont là, mais c’est monté avec une telle lenteur que l’impact émotionnel s’écrase. Sans parlé des personnages, qui comme pour les saisons précédentes ne me font ni chaud ni froid… La saison 4, souvent citée comme la meilleure, m’a le plus frustré. Pas parce que je l’ai détesté, au contraire! Parce que c’est probablement celle qui avait le plus de potentiel. le système éducatif, les gamins, leur basculement progressif vers la rue… ça, oui, c’est un sujet fort. Et c’est bien traité, évidemment. Mais encore une fois, c’est une série qui dissèque de manière froide au lieu de faire vibrer. Je n’ai pas été ému, pas été accroché, juste fatigué d’attendre que les choses prennent forme. J’ai vu des moments puissants, des trajectoires douloureuses, mais racontées avec une distance presque documentaire. Et enfin, la saison 5. Celle de la presse. Et là, j’ai presque ri de désespoir. On termine la série avec une critique des médias qui tombe à plat, des personnages caricaturaux, une intrigue sur un faux tueur en série complètement à côté de la plaque… J’ai violement lâché l’affaire, j’avais regardé cette série et j’enchainais les épisodes par dépits, rien de bon ne pouvait en découler. Au bout d’un moment, quand on est pas dedans, y’a rien à faire! Alors oui, je reconnais les qualités! La série est ambitieuse, avec une richesse d’analyse sociétale rare à la télé. Elle ne prend pas son public pour des idiots. Elle ose des structures narratives compliquées, elle fait le pari de l’intelligence, du temps long. Et il faut le saluer. Surtout à son époque de sortie 6 ans avant Breaking Bad, c’était vraiment autre chose les séries à cette époque et la qualité de réalisation reste quand même honorable! Mais tout ça, ça ne suffit pas à en faire une série que j’ai aimée. Parce que moi, en tant que spectateur, j’ai besoin d’un minimum d’émotion, d’aspérité, de rythme, de personnages auxquels m’accrocher. Là, je suis resté en dehors, du début à la fin. Je m’y suis accroché parce que je voulais comprendre le mythe, parce que je me disais “allez, la prochaine saison va décoller”… Mais non. The Wire, c’est une œuvre importante. Je ne dirai jamais le contraire. Mais ce n’est pas une œuvre que j’ai aimée, voir même que j’ai détesté. Parce qu’être culte, ce n’est pas forcément être plaisant à regarder. Et dans mon cas, cette série m’a laissé sur le bas-côté, sans jamais m’inviter à vraiment monter à bord.
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