Le Balatro de trop?
Sans mentir, CloverPit m’a un peu laissé de marbre. Pourtant, j’y ai joué plusieurs heures, ce qui est déjà bon signe. C’est typiquement le genre de jeu que je lance facilement pour de courtes sessions, 20 minutes par-ci, par-là, avant de passer à autre chose. Typiquement ce que j’aime faire, pour me faire de petites sessions et passer à autre chose.
L’idée de retrouver une boucle à la Balatro, mais appliquée à autre chose qu’un jeu de cartes, m’intriguait. Sur le papier, ça marche. Dans les faits… C’est un peu plus compliqué.
Parce que les machines à sous, c’est vraiment le genre de mécanique avec laquelle j’ai du mal. Là où certains vont voir une forme de stratégie dans la gestion des multiplicateurs et des synergies, moi j’ai surtout ressenti une dépendance trop forte à la chance. Certains retours parlent justement d’un jeu “très (trop ?) axé sur la RNG”, où les débuts de partie peuvent être particulièrement frustrants, voire décourageants.
Alors oui, il y a bien des systèmes pour orienter ses runs. Les charmes, les bonus, les petites optimisations… On sent qu’il y a une volonté de créer des builds. Il m’est arrivé d’avoir quelques runs vraiment satisfaisantes, où tout s’aligne et où le jeu devient presque hypnotique.
Mais très vite, j’ai eu la sensation de tourner en rond. Là où d’autres parlent d’une “alternative intéressante à Balatro”, plus accessible mais moins profonde, je n’arrive pas à ignorer ce manque de variété. Les builds me semblent limités, les situations finissent par se répéter et surtout, je n’ai jamais ressenti cette montée en puissance ou cette richesse de possibilités qui me donne envie de relancer encore et encore. Là où un jeu de carte est très complet, une machine à sous n’est qu’une machine à sous… Oui, on peut influer la chance avec des bonus, mais le gameplay ne se base quasi que sur ça pour pouvoir réussir une partie!
Même sur son ambiance, pourtant réussie, avec ce côté glauque et un peu malsain qui fonctionne bien, je n’ai pas trouvé suffisamment de matière pour m’accrocher sur la durée. Le jeu pose des idées intéressantes autour de la dépendance, de la dette, de la manipulation… C’est intéressant, car finir plutôt donne des bonus et c’est là ou je tire mon chapeau, car le jeu a quand même réussi à se distinguer de son inspiration par quelques endroits.
Au final, je comprends complètement pourquoi le jeu peut plaire. Il a ce côté “jeu apéro” efficace, simple à prendre en main, avec une boucle immédiate et accrocheuse. Mais de mon côté, il m’est un peu tombé des mains après environ six heures et surtout, je ne ressens aucune envie d’y retourner.
En tant qu’amateur de Balatro, j’ai surtout eu l’impression de voir une tentative de reproduire un succès, sans en retrouver la profondeur ni la richesse.

