Plus qu’optionnel
Je crois que ce qui me dérange le plus avec Gantz G, ce n’est même pas qu’il soit mauvais. C’est qu’il me pousse, encore une fois, à regarder en arrière et à me demander pourquoi j’ai autant aimé Gantz à l’époque… et surtout si je l’aimerais autant aujourd’hui.
Parce que oui, Gantz, pour moi, c’est quelque chose de très particulier. C’est ce manga qui m’a marqué par sa capacité à constamment surprendre, à jouer avec ses propres règles, à installer un mystère épais et presque malsain, où chaque réponse amenait de nouvelles questions. (en 2013, mon manga préféré, rien que ça!) C’était une œuvre qui ne me tenait jamais vraiment la main, qui avançait dans une forme de brutalité assez fascinante, avec cette impression permanente de ne jamais totalement comprendre ce qui se jouait.
Et forcément, quand on touche à ça, on touche à quelque chose de fragile.
J’avais déjà été assez refroidi par le spin-off à l’ère Edo, qui vidait complètement l’œuvre de ce qui faisait son sel. Mais en attaquant Gantz G, je me suis dit qu’il y avait peut-être une chance de retrouver un peu de cette étincelle. Après tout, c’est à nouveau scénarisé par Hiroya Oku. J’osais espérer un minimum de recul, une compréhension de ce qui avait fait fonctionner son propre matériau.
Et en réalité, c’est un peu mieux. Mais ça reste très insuffisant!
En premier lieu on a cette impression constante de déjà-vu. Tout semble recyclé, digéré, puis recraché sans vraiment de recul. Les mécaniques sont là, les codes sont là, la structure est là… mais il manque tout ce qui les rendait vivants. Ce qui se ressent très vite dans la gestion des enjeux.
Typiquement, l’introduction des mécaniques de résurrection arrive beaucoup trop tôt. Là où, dans l’œuvre originale, c’était quelque chose qui se découvrait progressivement, avec un vrai poids dramatique, presque dérangeant, ici c’est balancé sans précaution. Et forcément, ça casse tout. La tension disparaît, les morts n’ont plus vraiment d’impact, et ce qui devait être une mécanique marquante devient presque anecdotique.
C’est d’autant plus frustrant que le manga tente de poser une dynamique entre ses personnages. On sent qu’il y avait matière à jouer avec des rapports de rivalité, de jalousie, avec un casting d’ailleurs beaucoup plus féminin que d’habitude. Sur le papier, ça pouvait apporter quelque chose de différent.
Mais en pratique, rien ne prend.
Les personnages sont d’une transparence assez impressionnante. Ils n’existent pas vraiment, ou du moins jamais suffisamment pour qu’on s’y attache. Ils sont interchangeables, et pire encore, ils donnent souvent l’impression d’être des variations déjà vues de personnages de la série originale. Même visuellement, on est parfois dans un copier-coller assez grossier.
Du coup, tout glisse.
Les scènes d’action s’enchaînent, les enjeux montent artificiellement, les retournements tentent d’exister… mais rien ne reste. Là où Gantz parvenait à créer une forme de malaise, une tension presque viscérale liée à l’incompréhension et à la brutalité du système, Gantz G se contente d’en reproduire la surface.
Et c’est probablement ça le vrai problème. On est face à une œuvre qui reproduit des éléments sans comprendre pourquoi ils fonctionnaient.
Alors oui, ce n’est pas désagréable à lire. Ça se parcourt vite, sans véritable friction. À la limite, je pourrais même dire que c’est une porte d’entrée correcte pour quelqu’un qui découvrirait l’univers sans trop d’exigence.
Mais pour quelqu’un qui a été marqué par l’œuvre originale, c’est difficile de ne pas voir ça comme un simple prolongement artificiel. Un moyen de rester encore un peu dans cet univers, sans jamais retrouver ce qui le rendait si unique.
Au fond, Gantz G donne surtout l’impression d’un épisode filler un peu long. Clairement dispensable.
Oku est tombé bien bas, peut être que Gantz n’était qu’un coup de chance?

