Cowboy Bebop : Deep Space Blues

Que pour les gros fans!

Je ne vais pas dire que je suis ressorti ravi de cette lecture, même si elle reste globalement intéressante. Ce que j’en garde surtout, et ce que j’ai envie de garder, c’est à quel point Cowboy Bebop reste un monument. Une de ces séries qui, si l’on devait en sauver une poignée, serait forcément du lot. Par son originalité, par son avance sur son temps. En tous cas le livre de Rémi Lopez publié chez Third Editions le rappelle plutôt bien. On est sur quelque chose de très classique dans la forme pour l’éditeur, une analyse d’œuvre et de son auteur.

Le livre se découpe assez clairement en trois temps. D’abord une introduction qui revient sur Shinichirō Watanabe, ses influences, et ses autres créations comme Samurai Champloo ou Space Dandy, qui reprennent d’ailleurs certains codes de Bebop. Cette entrée en matière fonctionne bien, elle pose le cadre.

Puis vient le cœur du livre, et il est massif. Plus de 90% de l’ouvrage consiste à décortiquer les épisodes un par un. Sur le papier, l’idée est bonne. Dans les faits, ça fonctionne surtout si on lit le livre en parallèle de la série, en picorant épisode par épisode. Là, ça prend tout son sens. On y trouve un petit côté making-of, avec des inspirations cinématographiques, musicales, des easter eggs disséminés un peu partout. Le travail est sérieux, les épisodes sont bien analysés.

Mais c’est aussi là que le livre me perd.

Parce que ça reste deux ou trois pages par épisode, sur une série qui en compte 24. Ça se lit très vite, presque trop vite, et au bout d’un moment, ça donne une impression de survol permanent. Tout est là, mais rien ne s’installe vraiment. Résultat, le livre devient surtout recommandable aux fans déjà acquis à la série, ceux qui voudront prolonger un peu l’expérience. Pour les autres, ça risque d’être un peu léger.

En même temps, difficile de vraiment blâmer l’auteur. La structure même de Cowboy Bebop complique l’exercice. Chaque épisode est presque autonome, avec ses propres intentions, ses propres tons. Construire une analyse globale cohérente à partir de ça n’a rien d’évident. Du coup, le livre choisit de passer par cette déconstruction épisode par épisode, puis de rassembler les morceaux en conclusion.

Alors justement, cette conclusion est probablement ce qu’il y a de plus réussi. Là, on commence enfin à prendre de la hauteur. Le lien avec le monde de l’animation, la lecture post-moderne, le rapport très particulier à la science-fiction… il y a des idées vraiment pertinentes, des réflexions avec lesquelles je me suis totalement retrouvé. On sent qu’il y avait matière à aller encore plus loin.

Mais c’est frustrant, parce que ça arrive tard et que ça reste trop court.

Au final, je reste un peu entre deux. J’ai apprécié la lecture, sincèrement. Il y a du fond, il y a une vraie compréhension de l’œuvre, et certaines analyses sont justes. Mais je reste quand même sur ma faim. Comme si tout était là, sans jamais vraiment prendre le temps de s’approfondir. Un peu comme pour le bouquin sur Jojo à la même maison d’édition.

By Kuma

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